TD 1 - La théorie quantitative de la monnaie

Catégorie parente: Monnaie et financement
Catégorie : Pourquoi et comment réguler la création monétaire ?
Mis à jour le mardi 4 août 2015 18:19
Publié le jeudi 8 mars 2012 05:42


Objectifs :
- comprendre l’intérêt et les limites de la théorie quantitative de la monnaie

 

Document 1 - La théorie quantitative de la monnaie

Au cours du temps, la théorie quantitative de la monnaie a été formulée de multiples façons, parfois très différentes. Nous nous en tenons ici à une présentation simplifiée, donc simplificatrice.

Une théorie ne vaut qu’en réponse à la question posée. L’adjectif « quantitative » prend son sens relativement à la question de la valeur de la monnaie. L’idée commune est que la valeur dépend de la rareté relative. La valeur de la monnaie varierait donc, pour un niveau de production donnée, en sens inverse de sa quantité : si, au cours de la nuit, la quantité de monnaie est multipliée par deux, sa valeur sera à peu près divisée par deux. Il s’agit ici de la valeur réelle de la monnaie, c'est-à-dire de son pouvoir d’achat, soit la quantité de biens et de services qu’il est possible d’acheter avec une quantité donnée de monnaie. La monnaie perd donc de sa valeur lorsque le niveau général des prix augmente. D’où l’idée qu’il existerait une relation entre la quantité de monnaie en circulation et l’inflation.

Si l’on pose trois hypothèses restrictives[1]  la théorie quantitative de la monnaie consiste à affirmer que c’est la quantité de monnaie en circulation qui détermine le niveau général des prix. Si l’on raisonne en dynamique, cela peut conduire à conclure que l’inflation résulte d’une croissance de la masse monétaire plus rapide que la croissance du PIB réel. D’où la célèbre citation de Friedman : « l’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire ».

Critiquer cette théorie revient à critiquer ces hypothèses, le sens de la relation, donc aussi la conclusion :

- la quantité de monnaie en circulation est endogène, c'est-à-dire déterminée par l’activité économique, parce que celle-ci dépend du crédit que les banques accordent aux agents économiques, lesquels crédits bancaires se traduisent par une création monétaire (les crédits font les dépôts) ;

- la vitesse de circulation de la monnaie n’est pas stable car la monnaie n’est pas demandée uniquement pour financer des transactions ; elle est aussi demandée pour un motif de spéculation dont le critère est l’anticipation de l’évolution des taux d’intérêts, instable par définition ;

- en situation de sous-emploi des capacités de production et du facteur travail, la création monétaire finance une demande qui induit une hausse de la production ; par conséquent il n’y a pas dichotomie, la monnaie peut avoir des effets réels.

- la relation va dans l’autre sens, du niveau général des prix vers la quantité de monnaie en circulation : confrontés à une hausse des prix, les agents demandent plus de monnaie parce que la valeur des transactions à financer augmente et les banques créent cette monnaie qu’elles leur prêtent.

- l’inflation a des causes réelles, comme on le constate en période de guerre (une partie de l’appareil de production étant détournée vers la production d’armement, la demande « civile » excède l’offre « civile », ce qui induit une hausse du niveau général des prix), ou lorsque l’on s’approche du plein emploi (les salariés obtiennent des hausses de salaires que les entreprises tentent de répercuter dans la hausse des prix).

Source : SESâme 2012.



[1] - la quantité de monnaie en circulation est supposée exogène (ce qui signifie qu’elle ne dépend pas de l’activité économique réelle) ;

- la vitesse de circulation de la monnaie (qui mesure le nombre de fois où une unité monétaire est utilisée au cours d’une période donnée) est stable en courte période ;

- le niveau des transactions, donc ici de PIB réel, ne dépend pas de la quantité de monnaie ; c’est l’hypothèse de dichotomie (séparation de la sphère réelle et de la sphère monétaire), probablement vérifiée en longue période, probablement fausse en courte ou moyenne période, pendant le cycle économique.

1.      Expliquer - Expliciter le lien entre quantité de monnaie en circulation, niveau des prix et pouvoir d’achat de la monnaie
2.      Analyser : pourquoi le « motif de spéculation » peut-il déstabiliser la vitesse de circulation de la monnaie ?
3.      Analyser - Compléter le tableau suivant à l’aide du texte ci-dessus en suivant le modèle de la première ligne :

 

Théorie quantitative

Hypothèses

Critiques

Explications

1-La quantité de monnaie est exogène

La quantité de monnaie est endogène

Elle dépend du crédit accordé par les banques aux agents économiques

2- La vitesse de circulation de la monnaie est stable

 

 

3- Dichotomie entre la sphère réelle et monétaire

 

 

Sens de la relation de causalité

 

 

La quantité de monnaie détermine le niveau général des prix

 

 

Conclusion

 

 

L'inflation est toujours un phénomène monétaire

 

 

Document 2

 

 

Picsou a trouvé la cachette idéale pour protéger son argent.

 

Soudain un cyclone arrive au-dessus du silo

Les billets emportés par le cyclone se répandent sur tout le pays et tout le monde en profite, notamment Donald et son cousin Gontran.

Les effets pervers de cette manne ne tardent pas à se manifester

Picsou est le seul à ne pas être victime de l’illusion monétaire et il reprend la main.

Source : Intégrale Picsou, tome 2, éditions Glénat,

© Disney

1. Justifier - Montrer que la représentation symbolique de la création monétaire dans cette bande dessinée correspond à la première hypothèse de la théorie quantitative de la monnaie.
2. Analyser : quel est l’effet de l’abondance monétaire sur le niveau des prix ?
3. Analyser : l’abondance monétaire a-t-elle des conséquence sur l’activité productive et la répartition des richesses ? Vous distinguerez dans votre réponse le court et le long terme.
4. Discuter : cette bande dessinée vous semble-t-elle une bonne illustration de la théorie quantitative de la monnaie ?

 

 

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