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Synthèse - Comment se sont construits les Etats ?

1. Qu’est-ce que l’État ?

A notre époque, l’État fait l’objet d’une attention soutenue et est ainsi au cœur de nombreuses conversations, que ce soit pour saluer ou blâmer ses actions supposées. Pourtant, comme souvent en pareils cas, le substantif -et en particulier l'emploi du singulier- fait obstacle à la compréhension de ce qu’il désigne. Car non seulement l’organisation de l’État varie en fonction des pays et des époques, mais il recouvre une multiplicité d’agents et d’institutions dont l’action ne va pas nécessairement dans le même sens. En témoignent les nombreuses manières dont il se manifeste dans nos vies quotidiennes, que ce soit à travers des réalisations concrètes – par exemple les services publics, comme le lycée dans lequel vous étudiez pour beaucoup en ce moment même !- ou des symboles – les « hommes d’État », membres du gouvernement ou diplomates chargés de le représenter physiquement-, ou les valeurs et devises proclamées. Qu’est-ce qui fait alors la spécificité de ce groupement par rapport aux autres organisations sociales ? Pour Max Weber, c’est d’abord le « monopole de l'exercice de la violence physique légitime » qui le caractérise : c'est-à-dire qu'à travers l'armée, la police ou la justice notamment, lui seul ait le droit d'user de la contrainte par la force sur un territoire donné en vue d'y maintenir l'ordre. Reste que ces fonctions dites régaliennes ne sont pas les seules qu'il peut accomplir, il a ainsi un rôle à jouer dans la fourniture de services publics, auxquels il est reconnu collectivement que tous les citoyen-ne-s doivent pouvoir accéder, notamment l'éducation, ainsi que dans la régulation de l'économie, afin, en particulier, de juguler le chômage et de favoriser le bien-être de la population. Ces fonctions et leur hiérarchisation ne sont pas données une fois pour toutes, mais évoluent au fil des temps et des lieux et surtout des aspirations des citoyen-ne-s que l’appareil d'État est censé servir. De manière générale, comme l'a remarqué l'économiste Adolph Wagner, plus la prospérité d'un pays augmente et plus les dépenses – et donc l'intervention- de l’État y sont élevées.

2. Quelles sont les relations entre État et Nation ?

Il existe donc une grande diversité de manière d'organiser l’État, et avec lui la société. L'une d'entre elles a tendu à s'imposer depuis le début du 18e siècle : l’État-nation, où la souveraineté appartient en dernière instance à la communauté nationale. Reste que la définition de cette dernière est aussi loin d'aller de soi : de manière simplifiée s'opposent ainsi une conception « objective » de la nation, dont les membres seraient unis par une longue histoire commune, et une conception « subjective » - ou élective- qui repose davantage sur le fait de partager des projets communs pour vivre ensemble. Selon que la première ou la seconde reçoive plus d'importance primera ainsi respectivement le « droit du sang » ou le « droit du sol » dans l'acquisition de la nationalité du pays concerné. Quoi qu'il en soit, comme l’État, la nation fait partout l'objet d'un travail de construction et d'entretien à travers la promotion d'une langue et de nombreux symboles et références partagées (comme les équipes sportives « nationales » !), autrement dit d'une culture commune, qui peut aussi passer par la répression de sous-cultures minoritaires. Ce travail de construction nationale soutient ainsi celui de l’État – et réciproquement-, mais il ne faut donc pas confondre les deux notions, d'autant qu'il existe des États comprenant plusieurs nations – et qui peuvent leur laisser d'ailleurs une certaine autonomie, comme les États fédéraux (Espagne, Allemagne, Suisse, etc.) par opposition aux États unitaires (comme la France)- mais aussi des nations sans État et qui en revendiquent un (comme les Palestiniens ou les Kurdes).

3. Quelles évolutions de la citoyenneté en France ?

La nationalité conditionne pour beaucoup la citoyenneté, c'est-à-dire l'appartenance à une communauté politique avec les droits, mais aussi les devoirs, qui lui sont liés. Le contenu de cette dernière est lui aussi variable, et l'historien Thomas Marshall a ainsi proposé un schéma général suivant lequel les droits civils (les libertés fondamentales : se déplacer, s'exprimer, avoir un procès équitable, etc.) auraient été reconnus en premier, notamment au 18e siècle. Ces droits imposeraient notamment des limites directes aux pouvoirs de l’État et à l'arbitraire dont ses agents pourraient être tentés (en violentant ou emprisonnant un-e citoyen-ne sans réel motif par exemple) : ces limites souvent posées par la Constitution constituent le socle de ce que l'on appelle un État de droit. Ont été ensuite reconnus, principalement au 19e siècle, les droits politiques, c'est-à-dire la possibilité pour les citoyen-ne-s de peser sur la direction de leur gouvernement, notamment à travers le vote – dont il ne faut pas oublier la possibilité de se présenter aux élections. Enfin, le 20e siècle a vu l'essor des droits sociaux qui représentent la protection contre un certain nombre de risques de l'existence pouvant mener aux pires formes de misère : accidents du travail, maladie, chômage, vieillesse, mais aussi parentalité. Ces différents types de droits se garantissent en fait les uns les autres : sans droits politiques ou sociaux, les droits civils seront difficilement effectifs. La construction de la citoyenneté est cependant loin d'être achevée : de nouvelles composantes en sont aujourd'hui revendiquées en France, comme la citoyenneté de résidence, qui verraient reconnaître le droit aux étrangers résidant depuis une certaine durée sur le territoire de participer à certaines élections locales, ou encore les formes de démocratie participative, qui permettent aux citoyen-ne-s d'être inclus dans les prises de décision collectives sans toujours s'en remettre aux représentants qu'ils ont choisis plus ou moins directement.

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