Activité 2 - Le rôle de la concurrence dans la régulation du marché du blé

Catégorie parente: Marchés et sociétés
Catégorie : A quoi sert la concurrence (2012-2013)
Mis à jour le jeudi 20 juin 2013 05:18
Publié le dimanche 16 octobre 2011 04:36

Objectifs:
- comprendre les causes des variations de prix
- comprendre comment les variations de prix permettent de réguler un marché

 

Document 1 : Evolution du cours du blé (juillet 2002 à juillet 2012, en dollars par tonne)

Source: Indexmundi, d'après Banque mondiale

 

1. Calculer : Quelle a été la variation du cours du blé entre 2002 et 2012 ?
2. Analyser : Par groupes de 3, formulez des hypothèses pour expliquer les évolutions du cours du blé. Appuyez-vous sur les schémas de synthèse des déterminants de l’offre et de la demande réalisés lors de l’activité 1.

 

Document 2 : Blé, maïs…, pourquoi les prix flambent

Rien ne va plus sur le marché des matières premières agricoles. Selon l'indice FAO, les prix alimentaires internationaux ont augmenté de 6 % en juillet, notamment en raison de la hausse brutale des cours des céréales (+ 20 % environ en un mois pour le blé et le maïs) poussés par la sécheresse qui a frappé les Etats-Unis cet été et, dans une moindre mesure, l'Ukraine et la Russie. La volatilité des cours est une caractéristique classique de ces marchés. Pour deux raisons. Tout d'abord, le volume de l'offre est peu prévisible : les aléas climatiques peuvent fortement affecter les récoltes et inciter les pays producteurs à restreindre leurs exportations avec des conséquences potentiellement dramatiques. (...) La seconde raison de ces difficultés réside dans la faible élasticité de la demande au prix : ce n'est pas parce que les cours sont élevés que les individus peuvent réduire significativement leur alimentation, du moins ceux - très nombreux - qui ont déjà du mal à manger à leur faim en temps normal. (...)

Or, tout laisse penser que cette tendance à la hausse va durer, car elle est soutenue par des facteurs structurels. A commencer par le nombre de bouches à nourrir. La population mondiale comptait quelque 5 milliards d'individus en 1990, contre 7 aujourd'hui. (...). Le défi est d'autant plus redoutable que, dans les pays émergents, les modes d'alimentation convergent progressivement vers ceux des Occidentaux, c'est-à-dire vers une alimentation plus riche et plus carnée. Or, la nourriture des animaux d'élevage mobilise de grandes superficies cultivées en céréales (...).

A ces difficultés s'ajoutent des choix politiques calamiteux. Comme le fait d'avoir soutenu le développement des agro-carburants dans la période de surplus et de prix bas des années 1990-2005, où l'agriculture cherchait de nouveaux débouchés. En effet, toute terre consacrée à la production d'agro-carburants (huile de colza pour le gazole, éthanol de maïs…) est soustraite à des productions à usage alimentaire.

« Blé, maïs…, pourquoi les prix flambent », Thierry Pech, Alternatives Economiques n° 316 - septembre 2012

 

Document 3 : Production céréalière, utilisation et stocks

Bulletin de la FAO sur l'offre et la demande de céréales, 5 juillet 2012

 

Document 4 : Spéculation sur le blé

Nous comprenons tous ce que spéculer veut dire : c’est développer une stratégie pour s’assurer le plus gros bénéfice, en achetant/vendant au meilleur moment. Tous les acteurs du secteur agro-alimentaire spéculent, des producteurs aux commerçants.

Spéculateurs traditionnels vs nouveaux spéculateurs

Vu l’imprévisibilité des prix agricoles due à la variabilité de l’offre, des intermédiaires sont prêts à garantir le prix des récoltes à venir aux producteurs et aux acheteurs, moyennant le payement d’une commission. On parle dans ce cas de « Contrat à terme » ou « Futures » pratiqués par des spéculateurs traditionnels, les Bona Fide Hedgers. Par exemple, le hedger achète le 12 juillet 2012, 10.000 tonnes de blé sur la bourse de Chicago, pour une livraison en juin 2013, au prix de 2.000.000€. Les experts reconnaissent l’intérêt de ce mécanisme car il permet de lisser les prix des marchés agricoles et d’apporter des liquidités au marché.

À la fin du 20ème siècle, le scénario se métamorphose. Les marchés à terme sur des produits agricoles ont été libéralisés et ouverts à de nouveaux investisseurs. Et, dans un contexte de faillite des marchés d’investissement (…), ces acteurs financiers se tournent massivement vers le marché des Futures agricoles. Ces acteurs sont des Hedge funds, fonds de pension, fonds souverains et certaines banques, qui voient dans les Futures agricoles des valeurs refuge et d’investissement. Contrairement aux Bona Fide Hedgers, ces nouveaux acteurs n’ont aucun intérêt dans le négoce des céréales (marchés physiques), mais ils parient sur l’évolution du prix de ces céréales, à la hausse ou à la baisse, en achetant ou vendant des Futures.

L’impact des nouveaux spéculateurs sur la hausse des prix

(…) Ceux-ci misent sur la hausse des prix sur le long terme, en partant du postulat suivant : le prix des matières agricoles va nécessairement augmenter vu la loi de l’offre et de la demande. (…)

[ce qui génère] une demande complètement artificielle de matières premières(…) Cela crée une bulle spéculative.

Cette bulle spéculative éclate quand les investisseurs vendent parce qu’ils ont de meilleurs opportunités de placement ou un besoin de liquidités pour satisfaire leurs actionnaires. Quand ils « shortent » (vendent), les spéculateurs peuvent aggraver une tendance momentanée des cours à la baisse ou même aller jusqu’à provoquer leur effondrement, si leurs positions sont significatives sur le marché. (…)

Si à l’origine les Futures visaient à limiter les fluctuations de prix, l’explosion des Futures créés et manipulés par des acteurs financiers complètement étrangers au secteur agro-alimentaire déstabilise clairement les prix.

Dajaloo, ensemble avec les paysans , n°30, juin juillet 2012

1. Synthétiser : A partir des documents 2 à 4, vous expliquerez l'augmentation du prix du blé depuis les années 2000. Vous distinguerez les facteurs relatifs à l'offre de ceux relatifs à la demande.

 

Document 5 : Une modélisation des causes de variation de prix

© SESâme, 2012 - télécharger le document au format ppt


Document 6 : Les prix, révélateurs d’information

Il est utile de s'arrêter ici un moment pour étudier un exemple banal et simple du rôle du système des prix, pour voir ce que précisément ce dernier accomplit. Supposons qu'apparaisse dans le monde une nouvelle opportunité pour l'utilisation d'une matière première, par exemple l'étain, ou qu'une des sources de production de l'étain ait disparu. Il importe peu pour notre propos –(…) de savoir laquelle de ces deux causes a rendu l'étain plus rare. Tout ce que les utilisateurs d'étain ont besoin de savoir, c'est qu'une partie de l'étain qu'ils consommaient jusqu'alors est maintenant utilisée de manière plus profitable ailleurs et qu'en conséquence, ils doivent économiser l'étain. (…)

Nous devons considérer le système des prix comme un mécanisme de communication de l'information si nous voulons comprendre sa fonction réelle (…). L'aspect le plus significatif de ce système est l'économie de connaissance qu'il permet, ou, ce qui revient au même, le peu de connaissance dont les participants ont besoin pour pouvoir prendre la bonne décision. (…)

Ce qu'il y a de merveilleux dans un cas comme celui de la rareté d'une matière première, c'est que, sans qu'il y ait eu d'ordre initial, sans que plus qu'une poignée d'acteurs ait su la cause initiale, des dizaines de milliers de gens dont l'identité ne pourrait être connue que par des mois d'investigation sont conduits à utiliser la matière première, ou ses produits dérivés, avec davantage de mesure, et que, ce faisant, ils agissent de façon adéquate. Ceci est en soi une merveille

Friedrich Hayek : L'utilisation de la connaissance dans la société, 1945

1. Résumer : Repérez dans le texte la phrase qui en résume le mieux l’idée générale.
2. Analyser : Montrez comment les variations de prix contribuent à orienter les comportements des agents économiques dans le sens d’une meilleure allocation des ressources rares dans l’économie.

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