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Activité 1 : Quels sont les liens entre normes et déviance ?

Objectifs :
- montrer que la déviance résulte de l’existence de normes et d’un contrôle social
- montrer que les normes sont construites et évoluent dans le temps
- mettre en évidence la notion de carrière déviante, liée à un processus de socialisation

 

Exercice 1 : Voici des exemples de situations. Pour chacune d’entre elles, vous vous demanderez :

- Y a-t-il « transgression » d’une norme ?
- Si oui cette règle est-elle « diffuse » ou clairement (voire légalement) établie ?
- Quelle est l’étendue (locale, plus générale) de la règle ?
- Comment (par qui, avec quels moyens) la transgression est-elle sanctionnée ?

Transgression norme ?

Règle diffuse / clairement (voire légalement) établie ?

Règle avec étendue locale / générale ?

Comment (par qui, avec quels moyens) la transgression est-elle sanctionnée ?

Dénoncer le camarade de classe qui a copié durant le contrôle

 copiage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Laisser libres les places de parking pour handicapés

parking-h 

 

 

 

 

Rester assis devant une personne âgée, debout dans le bus

 abribus

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Prendre le bus sans ticket

 bus

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vivre en couple homosexuel avec un enfant

 homoparents

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Amies se baladant

 bande-filles

 

 

 

 

Etre SDF

 sdf

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ne pas s’inscrire sur les listes électorales

 carte-electorale

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1) Définir - À partir des résultats de l’exercice, proposez une définition de « déviance » et de « conformisme ».

 

Document 1 – La « carrière » du fumeur de cigarettes

Les fumeurs […] ont souvent été eux-mêmes socialisés dans des milieux où la cigarette allait de soi. Si certains citent l’internat, le service militaire, ou encore le milieu professionnel de leur premier emploi, l’initiation tabagique s’est souvent déroulée dans le cadre familial. Le père joue alors un rôle déterminant : c’est lui qui a offert la première cigarette ou le premier paquet, ou c’est dans sa poche que cette première cigarette a été « empruntée.

C’est un truc familial quoi, mon père le dimanche après manger, il nous filait une clope. […] Après, j’ai commencé à travailler à 14 ans… Et puis j’travaillais dans des hôtels-restaurants donc heu… J’travaillais avec des adultes qui les trois quart fumaient aussi. C’est un milieu, la restauration et l’hôtellerie, où les gens fument énormément » (Méline, 54 ans, au chômage).

Dans la famille, on était entourés de fumeurs, on vivait là-dedans, dans la clope. […] J’ai toujours vu mes parents fumer. […] C’était dans les moeurs quoi ! Ça faisait partie du rythme de la famille. […] Tout le monde avait son paquet de clopes » (Fabrice, 51 ans). […]

Passé le stade de l’initiation, c’est au sein du groupe de pairs que les interviewés sont devenus des fumeurs confirmés. La sociabilité tabagique se développe alors souvent autour d’un verre d’alcool partagé dans un débit de boissons, la cigarette s’affirmant alors comme la compagne obligée de l’apéritif […]

J’vais boire un pastis, j’vais boire une bière, au bout de la deuxième gorgée, la petite clope et là j’apprécie encore plus le verre aussi. Et j’apprécie la clope aussi » (Arnaud, 23 ans). […]

À mesure que le tabagisme devient régulier, la cigarette devient un véritable objet d’échange autour duquel s’organise le lien social. La cigarette est ainsi donnée, échangée, elle crée des obligations de réciprocité différée, qui se concrétisent lorsque le nouveau fumeur, après avoir profité des largesses de ses pairs, doit à son tour acheter un paquet de cigarettes pour leur rendre la pareille.

Au début je taxais, et puis arrive un moment où tu vas t’acheter ton premier paquet de clopes, c’est symbolique quoi, enfin voilà quoi. […] Je les ai achetées plus tard, une fois que les gens à qui je taxais en avaient marre de m’en donner. Ben ouais, y a un moment où tu payes ta clope et voilà quoi » (Arnaud, 23 ans).

 Constance & Peretti-Watel, « La cigarette du pauvre », Ethnologie française, 2010

1) Analyser – Quelles sont les principales instances de socialisation qui contribuent à « l’éducation» à la cigarette (appuyez vous sur le texte et vos connaissances personnelles) ?
2) Expliquer – Expliquez la phrase du sociologue américain Howard Becker dans Outsiders: « Les sensations produites par la [cigarette] ne sont pas automatiquement, ni même nécessairement, agréables. Comme pour les huîtres ou le Martini dry, le goût pour ces sensations est socialement acquis ». 

 

Document 2 :

 graph-tabac-grammes

(1) consommation moyenne en grammes par jour des adultes de 15 ans et plus

D’après Insee

1) Décrire – Présentez (en périodisant) l’évolution de la consommation de tabac en France.

 

Document 3 – De la publicité pour le tabac aux campagnes antitabac

 

Publicité des années 1950 aux Etats-Unis

Image présente sur les paquets de cigarettes en France

 marlboro

 poumons

"Avant que tu me grondes maman… tu ferais peut-être mieux d’allumer une Marlboro"
"Maman, à coup sûr tu apprécies ta Marlboro"
"Vous avez besoin de ne jamais vous sentir enfumée. C’est le miracle de Marlboro"

 

 

Document 4

On savait en effet depuis 1950, grâce à Austin Bradford Hill et Richard Peto, que le tabac est à l’origine du cancer du poumon. En 1975, j’ai été nommé président de la Commission du cancer au ministère de la Santé. La ministre était Mme Simone Veil. Nous nous sommes mis d’accord pour lancer un « plan cancer » (…) J’ai choisi de faire de la lutte contre le tabac la priorité. À l’époque, la quasi-totalité des Français – et en particulier la quasi-totalité du corps médical – pensait que la volonté de fumer était un acte individuel, dans lequel ni le médecin, ni l’État, n’avaient à s’immiscer. J’ai soutenu la thèse contraire : fumer n’est pas un acte individuel, c’est le produit de la publicité et de la manipulation de l’opinion par la publicité, donc nous avons tout à fait le droit d’informer et au contraire nous serions très coupables si nous n’informions pas.

Quand la loi Veil est entrée en vigueur [en 1976], elle a arrêté l’augmentation de consommation du tabac – mais ne l’a pas fait baisser. En revanche, elle a eu un effet très profond sur l’opinion publique grâce aux campagnes d’information et en particulier celles qui s’adressaient aux médecins. À l’époque, les médecins défendaient à 80 % la position : « on ne se s’occupe pas du tabac » ; 10 ans plus tard ils étaient 80 % à dire « il faut agir contre le tabac ». Il s’est produit un véritable renversement de l’opinion publique, qui a permis et même favorisé la préparation de la loi Évin.

(…)Après sa réélection, [le président Mitterrand] nous a adressés à Claude Évin, avec lequel nous avons commencé à préparer ce qui allait devenir la loi Évin. (…) L’interdiction de fumer dans les transports en commun était une révolution. À l’époque, la plupart des gens pensait que les fumeurs n’accepteraient jamais de renoncer à fumer dans le métro, les autobus et les trains. Nous avons lancé des enquêtes d’opinion et nous nous sommes aperçus que le public était massivement favorable à des mesures très dures contre le tabac. C’est dans les avions que le changement a été le plus spectaculaire. (…) Au bout de quelques années, les places fumeurs ont disparu : il était devenu manifeste que même sur des vols de plus de dix heures, les gens l’acceptaient parfaitement. (…)

Entretien avec Maurice Tubiana, cancérologue, lettre du collège de France, hors-série 3 | 2010.

Questions sur les documents 3 et 4
1) Expliquer
– Quelles sont les causes de la rupture intervenant à partir du milieu des années 70 dans la consommation de tabac en France ?
2) Comparer et Justifier – A partir d’une comparaison entre les années 50 et aujourd'hui, montrez que les normes concernant le tabac ont évolué au cours du temps.
3) Expliquer - Pourquoi les médecins ont été très tôt ciblés par les pouvoirs publics dans leur campagne de lutte contre le tabagisme ?
4) Illustrer - Donnez deux exemples bien distincts de situation où fumer une cigarette peut être considéré, aujourd’hui, comme une pratique déviante.

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