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Synthèse - Quelle place pour les liens marchands ?

1. La construction des marché : ordre naturel ou ordre social ?

On qualifie généralement bon nombre d'économies contemporaines « d'économies de marché » ; cependant le terme de marché n'est pas facile à cerner tant il est polysémique : marché du dimanche matin, marché de l'automobile, marché du travail, marché financier,... les réalités sont multiples ; il y a cependant toujours une idée de contrat (« on passe un marché »). On peut alors définir le marché au sens économique comme le lieu, souvent abstrait, où se confrontent une offre et une demande pour aboutir à des échanges (achats et vente) caractérisés par des prix. Il existe un marché pour chaque type de bien et chaque marché donne lieu à l'émergence d'un prix.

Faire un échange sur un marché correspond donc à un échange effectué librement et suppose une capacité à évaluer et calculer son intérêt propre. Paradoxalement, « penser d'abord à soi » aboutit souvent à ce que les divers intérêts particuliers coïncident en un intérêt général et permet la coexistence des individus dans les sociétés contemporaines : celle-ci est assurée dans la mesure où chacun a besoin du travail et des productions d'autrui. L'échange est donc source de gains, non seulement car il permet d'accéder à une plus grande variété de biens et services, mais également parce qu'il permet aux co-échangistes d'augmenter la quantité de biens ou services consommés. David Ricardo a ainsi montré que les individus décidant de tout produire eux mêmes subissent des coûts d'opportunité élevés : ils ont plutôt intérêt à se spécialiser dans la production du bien où ils sont les plus efficaces (relativement aux autres producteurs), et écouler tout ou partie de cette production sur un marché.

Cependant, il faut pour cela que les co-échangistes soient libres d'acheter ou de vendre et que cette liberté soit encadrée par des règles et des institutions qui assurent le bon fonctionnement de ce marché.

2. Les échanges marchands, seule forme de relations économiques ?

Mais, s'il est au centre de nos sociétés, le marché n'est pas le seul moyen de répartition des richesses auquel nous avons recours. A la suite de l'historien de l'économie hongrois Karl Polanyi (1886-1964), Les anthropologues et sociologues distinguent généralement deux autres formes de circulation des richesses : le don et la redistribution.

Le don n'est pas aussi anodin, libre et gratuit qu'on pourrait le supposer a priori. Cela apparaît clairement dans le cas du « Potlatch », analysé par Marcel Mauss (anthropologue français, 1872-1950) dans son « Essai sur le Don », où un don humilie celui qui le reçoit et où chaque don entraine les protagonistes dans une chaine d'obligations (« don/contre-don »). Cependant, le don, aussi contraignant soit-il, permet d'insérer l'individu dans une chaine de solidarité qui échappe en partie au calcul marchand. Même s'il est en recul, le système de dons/contre-dons persiste dans nos sociétés contemporaines.

Le troisième mode de répartition des richesses correspond à une redistribution effectuée par un centre (principalement l'Etat dans nos sociétés contemporaines). Il peut ainsi s'agir des diverses prestations sociales, aides ou fournitures de services publics. Il se différencie de la répartition par le marché et par le don/contre-don : l'intervention de l'Etat permet par exemple, un accès aux biens et services pour les plus démunis que ne permettrait pas toujours le marché. En cela, son action se rapproche de celle du don (et, en l'occurrence, de la charité) mais il s'en différencie dans la mesure où il n'y a pas la dimension personnelle propre au don.

Il faut donc bien retenir que ces trois formes de répartition des richesses – marché, redistribution, don – coexistent dans des proportions diverses dans toutes les sociétés.

3. Le capital social : quel rôle pour la recherche d'emploi ?

Si le marché est un lieu de rencontre entre des offreurs et des demandeurs, il ne faut pas pour autant en conclure que ces acteurs entrent spontanément en contact les uns avec les autres. Les sociologues ont montré que la situation est souvent différente de cela. Sur le marché de l'emploi, par exemple, offreurs et demandeurs d'emploi peuvent certes se rencontrer grâce à des candidatures spontanées ou la réponse à des petites annonces, mais également par le biais d'institutions comme « Pôle Emploi » ou par la mobilisation de réseaux de connaissance – famille, amis, anciens collègues, anciens camarades de classe... Selon les cas, certains types de liens apparaitront comme plus efficaces : d'après le socio-économiste américain Mark Granovetter (né en 1943), qui a mené une enquête sur des "cols blancs" de Boston,  ce sont surtout des « liens faibles » qui leur permettent de trouver un emploi . Des recherches faites en France permettent de montrer la prépondérance des « liens forts » pour les catégories populaires.

L'ensemble du réseau de relations (son « réseau social ») qu'un individu est susceptible de mobiliser dans son intérêt constitue pour lui un véritable « capital social ».

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